lundi, décembre 12, 2005

Azetta amazigh s'active

Centre des Etudes Amazigh
Session du Feu Mohamed BOUNSIR


Compte rendu des activités organisées du 9 au 30 octobre 2005


La section de Rabat du Réseau Amazigh pour la Citoyenneté, et comme chaque année, a préparé un programme d’activités pour la période allant du 09 octobre au 30 octobre 2005. les responsables du centre des études amazigh affilié à la section de Rabat, instigateurs de ce programme, soucieux du nombre limité des activités des associations amazigh, surtout après la création de l’institution royale ont pris la décision de faire bouger les choses pour donner un autre sens à l’action amazigh, en particulier dans la capitale du pays où se concentre l’activité culturelle. Plusieurs domaines sont concernés par ce programme.

Le premier thème de ces activités a concerné la littérature amazigh, animé par plusieurs hommes de lettres, dans les domaines du roman, du théâtre et de la traduction. Les intervenants ont souligné le peu de travaux réalisés dans le domaine de tamazight et particulièrement en langue Amazigh. Malgré ce constat, ils ont salué le travail fait par les pionniers de la cause amazigh qui ont joué tous les rôles possibles et imaginaires, ils étaient en même temps des romanciers, des poètes, des journalistes et quelques fois mêmes des historiens. Les intervenants ont insisté sur la production, et le cumul des œuvres. Ils ont aussi appuyé l’orientation actuelle des hommes de lettres amazigh vers la spécialisation dans des domaines diversifiés. Sur la question du lectorat, les intervenants ont été d’accord sur le fait que ce problème est universel et touche toutes les productions surtout après le développement des médias et des technologies de l’information.

Le second, ressort des thèmes classiques, il a été réservé à une rencontre de nostalgie avec un des piliers de la chanson amazigh, et musicologue, auteur compositeur de la symphonie amazigh, Monsieur Belaid Akkaf. L’artiste a pu partager avec l’assistance sa vie depuis sa naissance jusqu’à la création de la chorale de l’IRCAM. Belaid était un musicien fils de musicien, donc son orientation vers la musique depuis son enfance n’a pas été un fruit du hasard. Ces frères aussi sont aussi des artistes. L’auteur compositeur a partagé avec l’assistance plusieurs étapes de sa vie depuis la création du premier groupe sous le nom des Fantômes, en passant par le mythique groupe de Usman et enfin les frères Akkaf.

La troisième activité avait pour sujet les problématiques de la femme amazigh. Lors de cette rencontre il y’avait quatre intervenants qui ont essayé de rapprocher des sujets en relation avec la problématique de la femme amazigh de plusieurs points de vue. Les intervenants ont passé en revue les types de discrimination dont souffrent les femmes en général et les femmes amazigh en particulier. Le public présent a pu apprécier l’expérience de deux exemples de femmes amazigh militantes dans le domaine de la presse et de la radio. Par ailleurs une intervention a mis le point sur les entraves de l’introduction de l’amazigh dans l’enseignement public.

L’Amazigh entre l’associatif et le politique a été le sujet de la 4ème rencontre, pendant laquelle les intervenants ont discuté du parti politique et du rôle des associations ainsi que la problématique du comment politiser la question amazigh. Quoique chaque partie ait gardé sa position, cette rencontre a montré de la variété des courants et des positions qui traverse le mouvement amazigh ne fait que renforcer sa position et sa vivacité comme un mouvement de société en vue d’un futur meilleur pour tous les imazighen en particulier et les Marocains en général dans un pays de droit, de liberté et de prospérité.

La cinquième rencontre, qui est le sujet principal de ce rapport, a été réservé à un débat des plus dure entre deux intervenant du mouvement et qui prouve cette diversité du mouvement sur un sujet d’une actualité particulière, il s’agit de débattre du Congrès Mondial Amazigh après l’étape tenu à Nador en Août 2005 et les horizons d’après cette étape. Deux intervenants se sont intervenu dans cette rencontre qui s’est caractérisée par des débats très instructifs. Les interventions de l’assistance se sont focalisées sur l’expérience du CMA et en particulier par des critiques du bureau élu à Nador et aussi des organisateurs. Une des critique a concerné la non-publication du communiqué final du congrès. Quelque uns ont considéré cette étape comme un échec, les autres au contraire ont considéré cette étape comme l’étape la plus réussie de toute l’histoire du CMA et particulièrement par sa tenue sur le territoire de Tamazgha pour la première fois.

Le programme s’est poursuivi par des conférences débat sur des sujets qui ne manquent pas d’importance pour le mouvement Amazigh. En effet, la sixième rencontre a été consacrée au débat sur la situation des médias amazigh, cette rencontre a connu la participation des concernés directement par ce sujet en particulier les professionnels de la presse écrite et de l’audiovisuel. Les intervenant, en soulignant les avancées significatives qu’à connue Tamazight dans les domaines de la presse écrite et radiophonique, ils ont signalé le retard significatif que connaît tamazight au niveau de la télévision. A part un journal télévisé de quelques minutes, diffusé en trois dialectes dans des périodes non précises, la télévision marocaine ne donne aucune importance à cette composante de la personnalité nationale. Ce diagnostic a été aussi partagé par toute l’assistance qui a demandé aux professionnels de ne pas se laisser avoir et militer à partir de leurs organes jusqu’à la satisfaction des revendications des professionnels du domaine qui ne différent guère de ceux du mouvement amazigh, étant le pouvoir que joue les moyens audio-visuels et la presse dans l’avancement de la cause.

La dernière conférence a concerné un sujet des plus nouveaux sur la scène de la société civile amazigh, il s’agit de la problématique de la référence idéologique du mouvement amazigh, malgré l’importance du thème il était vraiment désolant pour les responsables du club des études amazigh que les invités à animer ce débat n’ont pas répondu à l’appel du club. L’absence de la plupart des professeurs invités, deux d’entre eux ont répondu à l’appel et ont pu donner une conférence à la hauteur, le débat qui a suivi les deux communications a été des plus riches et a permis de sortir avec des conclusions intéressantes sur la base référentielle du mouvement amazigh au Maroc qui prend ses ressources dans les textes et les chartes mondiaux relatifs aux droits humains.

Les activités de cette session dédiée au feu l’artiste Mohamed BOUNSIR ont été clôturées par une soirée culturelle riche à laquelle ont participé plusieurs artistes dont des chanteurs et des poètes. Les responsables du club des études amazigh et le bureau de la section de Rabat, tiennent à remercier toutes les personnes qui ont participé à la réussite de ces activités. Sans la participation de ces personnes, ces activités n’auront pas le rayonnement qu’elles ont eu. Un grand merci à la télévision marocaine et aux journalistes du journal télévisé en Tamazight qui ont accompagné le club durant ces activités et les ont couvert pour tous les Imazighen du Maroc. Nous nous pouvons assez remercier les journalistes qui ont fait des rapports sur des activités.



Moha OUHSSAIN Arehal

jeudi, novembre 10, 2005

Rentrée politique Alarmante

Bouteflika et Al Fassi : l’alliance invisible
contre l’officialisation de la langue Amazigh

Moha AREHAL

Depuis que le mouvement amazigh a repris son combat après des années de silence et d’attentisme et au temps de discussions sur une éventuelle refonte de la constitution marocaine, le chef de la junte istiqlaienne fait une nouvelle sortie pour défendre le point de vue des panarabistes pour la non-officialisation de la langue amazigh.

En fait, Abbas Al Fassi, au même nom que son ancien leader Allal, lors d’une intervention à l’occasion de l’ouverture de l’assemblée de la jeunesse du parti de l’Istiqlal, a réitéré le refus de son parti, responsable du génocide envers les combattants dans plusieurs bagnes secrets éparpillés dans le pays et en particulier celui de Tétouan, de l’officialisation de la langue amazigh dans la constitution marocaine. Monsieur le secrétaire général nous propose en alternative de la reconnaître en tant que langue Nationale.

Dans la même période, monsieur Bouteflika, président de la république de l’Algérie, à sa manière et à l’occasion de sa campagne de sensibilisation et de promotion pour la charte de conciliation a refusé catégoriquement le fait de l’officialisation de la langue Amazigh dans la constitution algérienne.

Ces deux réactions ont été exprimées par deux ténors du panarabisme nord africain, dans deux contextes différents et dans des conditions différentes propres à chacun des deux pays. Il va de soit que ces deux confirmations, du fait que ce ne sont pas des propositions ne viennent pas du vide.

Le marocain, en l’occurrence le fils du Fassi, a choisi de le dire aux jeunes du parti qui, pour leur majorité, sont amazighophones et presque tous sont des Amazigh par la terre. Alors que l’algérien, où le marocain d’Oujda, lui aussi malgré les engagements pris par son premier ministre avec les représentants du mouvement citoyen en l’occurrence l’officialisation de l’Amazigh comme langue officielle, le président déclare publiquement que c’est impossible que cela puisse se réaliser. Quelques jours plus tard c’est le ministre de l’intérieur de Monsieur Bouteflika déclare la fin du dialogue entamé par Ouyahya avec les représentants du mouvement citoyen.

Déjà en 1930, avec le Latif initié par deux éléments fondateurs de ce parti à Salé. En 1944, la plupart des signataires du manifeste de l’indépendance sont en même temps des membres du parti et les rédacteurs du manifeste ont carrément marginalisé l’identité du Maroc pour lequel, ils demandent au français son indépendance.

En 1970, les panarabistes du parti sont revenu à la charge en signant un autre manifeste demandant pur et simple d’arabiser le Maroc sous prétexte que le Maroc est un pays musulman et sa langue officielle est l’Arabe en plus qu’il appartient au monde arabe et de ce fait il ne bougera aucunement de son appartenance à la nation arabe. Ce manifeste est très intéressant du fait que le nombre de signataire et leur statut montre à quel point l’amazighité à souffert et souffrira tant que ces personnes soient encore dans des postes clés notamment la vie politique et économique, l’enseignement, l’information. L’analyse de la liste montre à ce qui veut le savoir que personne de ces personnes ne peut avoir une vision modérée et démocratique de la question identitaire au Maroc. Les signataires sont intransigeant sur leur identité qui est celle du Maroc et le confirment sans état d’âme.

En 2002, le théoricien du parti de l’Istiqlal, le dénommé Ghellab, a voulu pour la première fois que l’amazigh avait droit de cité sur les colonnes du journal panarbiste, porte-parole du parti et financé par de l’argent public du contribuable, défendre l’indéfendable en avançant que le parti de l’Istiqlal n’a jamais été amazighophobe et que la majorité de ces militants sont des amazigh nationalistes. Sur ce il avait droit à une réponse des plus justifiée faite sur les colonnes de Tawiza par M. Hassan Banhakeia.

En 2003, Abbas Al Fassi a répété, le même justificatif, lors de son entretien avec Al Ahdath Al Maghribiya. Il a, en plus, expliqué la position du parti archaïque et traditionaliste (la baise main est une obligation par exemple) relative au refus de l’officialisation de la langue Amazigh. Abbas Al Fassi se prend pour un « théoricien » ou « futuriste »; il nous conseille d’attendre 10 à 20 ans pour parler de la question de la constitutionnalisation de la langue amazigh. C’est vraiment irraisonnable qu’un homme politique qui a vécu tout le développement du pays peut penser à la même manière qu’au début du siècle quand ces camarades demandaient aux ruraux de faire la guerre et eux allaient dans des missions pour faire des études sur le dos des contribuables, grâce aux « dirhams » que collectaient les mercenaires du parti dans les montagnes et les déserts du pays en faveur de la « résistance ». Monsieur AL Fassi, ajoute que l’officialisation de l’Amazigh dans la constitution coûterai cher au pays, du fait que les documents officiels, les panneaux, les plaques et l’école doivent s’écrire en deux langues.

Monsieur Abbas Al Fassi, s’il déclare la guerre actuellement à l’officialisation de la langue amazigh si parce que c’est le seul créneau qui reste à son parti. Pendant plus de 50 ans le parti de Abbas Al Fassi voulait nous faire avaler une Histoire mensongère qui voulait que les salafistes de l’Istiqlal soient les libérateurs de ce pays et que l’identité marocaine ne peut sortir du couple islam-arabité, les militants amazigh et pendant plusieurs décennies n’ont cessé de mener un combat civilisé et raisonné sur la base des textes internationaux des droits de l’homme. L’amazighité a eu gain de cause même partiellement au niveau des organisations internationales des droits humains, au niveau de l’Organisation des Nations Unies et au niveau du pouvoir suprême du royaume.

L’Amazigh est désormais une langue, par la force de la loi, elle dispose d’une institution officielle financée par l’Etat et placée horizontalement par rapport au gouvernement dont les panarabistes ont laissé leurs pions au niveau des ministères et des directions centrales. L’Amazigh est désormais obligatoire dans l’école publique, chose catégoriquement réfutée pour les salifications de l’Istiqlal il y’a seulement quelques années.

Malgré les reproches, les remarques et les observations que nous pouvons avoir quant à cette institution et sa façon de gérer le dossier de l’enseignement de Tamazight dans l’école publique, il n’en reste pas du moins que son existence et l’enseignement de tamazight à l’école, constituent un acquis très important et plein de symbolisme face aux panarabistes qui réfutaient, il n’y a pas très longtemps, même le fait que l’Amazigh soit de cité au Maroc.

Face ces percées importantes et symboliques, la junte des panarabistes n’a plus que de crier au risque de séparatisme et de la menace de l’unité nationale contre l’officialisation de la langue Amazigh.

En Algérie, la réponse du mouvement citoyen n’a pas tardé et a été mise à l’œuvre et avec force surtout après l’appel à la grève générale en Kabylie et le boycott presque total du référendum du 29 septembre dernier. Le taux de participation dans les deux grandes villes de la Kabylie n’a pas dépassé les 2%, Bouteflika doit en tirer de bonnes conclusions.

Au contraire, au Maroc, les propos de Abbas Al Fassi et d’autre concernant l’officialisation de Tamazight n’a pas vraiment suscité de réactions comme c’était le cas dans plusieurs occasions auparavant. La première réaction est à mettre à l’honneur de l’Association de Akhiat rien n’est fait par le mouvement amazigh marocain.

La réaction de l’AMREC a amené les décideurs du parti salafiste à réagir et rectifié le tir en publiant une réponse-communiqué à la Une du journal « Al Alam » appartenant au parti. La bizarrerie dans ce communiqué c’est qu’il parle au nom du parti, mais sans signature.

A croire le communiqué, l’observateur ne peut qu’être abasourdi étant que les propos avancés font du parti de l’Istiqlal un parti amazighiste par excellence. Alors que la relecture de l’histoire de ce parti fait état d’une amazighophobie sans égale.

Si les Imazighen sont arrivées à prendre la parole et à répondre en public à toute tentative d’atteinte au combat juste et légitime, ils ont beaucoup de travail à faire pour réhabiliter notre histoire jusqu’à maintenant fausse et erronée.

Les panarabistes responsables des malheurs subis par Tamazight et Imazighen doivent être poursuivis et démasqué par les militants. Les Imazighen, désormais ne sont plus des analphabètes, l’enseignement voulu par les panarabistes pour nous faire perdre notre identité n’a fait que nous encourager à la défendre en vue de sa réhabilitation.

Le combat n’est qu’à ses débuts……

vendredi, septembre 30, 2005

DDA ALI AZAYKOU: LE PRESIDENT


Le président DDa Ali attendant l'arivée des intervenant lors d'une session de l'Université d'Eté à Agadir en 2003 (Photo de Moha Arehal)
Posted by Picasa

mardi, septembre 27, 2005

DDA ALI AZAYKOU


Une photo innédite de DDa Ali prise par Moha Arehal lors de la tenu de l'université d'été à Agadir en 2003. DDa Ali repose en paix
Posted by Picasa

Arehal je le suis Arehal je le reste!

Arehal, je le suis
Arehal, je le reste
Moha Arehal

« un verre de thé vaut mieux que tout »
Ahmed Bouba

Depuis déjà longtemps, je voulais écrire quelque chose sur les modes de vie de nos ancêtres dans le désert et le grand Sahara, mais à chaque fois, je ne trouve pas assez d’inspiration pour en parler et partager avec les autres. Pendant cet été, une occasion en or m’est offerte lors d’une rencontre avec une équipe d’une association d’amateurs du désert nommée « bambini nel deserto » d’Italie et qui travaille pour aider les populations du désert.

Le but de cette visite est de documenter et de préserver un patrimoine universel et connu de toutes les civilisations, le Nomadisme et les nomades.

Mode de vie ancestral

Le nomadisme est le premier mode de vie que l’humain a adopté depuis l’aube de l’histoire, il consiste à se déplacer d’un endroit à un autre à la recherche du pâturage pour le troupeau et les points d’eau. Cette définition paraît aussi simple que complexe, le déplacement est un mécanisme qui doit être bien sur très pensé et bien planifié. Aux temps modernes, un voyage par exemple, nécessite une programmation préalable de point de vue logistique que financier.

Le choix de la destination est dicté par plusieurs facteurs. C’est la même chose pour les nomades qui avant de décider le changement d’un campement envoyait des éclaireurs (imazanen) pour chercher un endroit plus clément et ou le pâturage et l’eau sont abondant.

La découverte de l’agriculture et après de l’irrigation a amené les Hommes à se sédentariser lentement et progressivement. Avec ce nouveau mode, l’agriculture n’a pas cessé de prendre de terrains et piétiner sur les vastes prairies exploiter par les nomades.

Malgré le rétrécissement de leurs territoires, les nomades n’ont pas succombés aux tentations de sédentarisation et le mode de vie basé sur le déplacement dans des aires géographiques très vastes a continué à exister dans tous les continents.

Au Maroc, les nomades ont constitué une menace pour tous les pouvoirs centraux depuis la création de l’Etat au Maroc. A chaque fois, le pouvoir central essayait de les sédentariser soit par la mise à disponibilité de terrains et l’aménagement de sources d’eau et la construction de maisons comme c’était le cas pour les dwi mni’ dans la région de Tafilalet ou par la limitation du champ de mouvement comme le cas vécu il y a quelques années dans la province de Azilal, quand les autorités ont refusé aux nomades de pénétrer dans la province de Azilal.

Malgré toutes les manœuvres entreprises par les autorités, pas seulement au Maroc mais dans tous les pays qui comptent encore des nomades, de montagnes comme de déserts, le nomadisme et les nomades ont su s’adapter à tous les changements et ont pu surmonter toutes les contraintes qu’on leur a imposées ou plutôt fait subir.

Mode de vie en voie de disparition

La sédentarisation des nomades était considérée comme une priorité pour plusieurs catégories, en premier lieu les autorités et en second lieu les scientifiques et les ONG, les premiers pour des raisons sécuritaires et les autres pour des raisons soit disant humanistes. Pour plusieurs chercheurs (Askounti) le 19ème siècle est, par excellence, le siècle de la "crise du nomadisme".

Dans le sud-est, depuis le début de la colonisation française, les nomades ont trouvé leurs territoires occupés par les français et par conséquences leurs déplacements limités. La France, après avoir mis sa main sur toute l’Afrique du Nord, a promulgué des lois de limitation de parcours entre les tribus. Alors les nomades Aït Khebbach et Aït Seghrouchen ne pouvaient plus se déplacer hors des frontières maroco-algérienne non tracées jusqu’à présent. « Jusqu’à 1976, nous n'avions pas de problèmes à passer de l’autre coté des frontières avec nos troupeaux, à partir de cette date, les militaires algériens ont mené une guerre farouche contre nous » déclare A’mmi Baha lors de notre visite à son akham (tente-maison). Ce témoignage fait la lumière sur une partie de la guerre maroco-algérienne non élucidé jusqu’à maintenant, en effet et à croire les propos de A’mmi Baha, plusieurs nomades ont été tabassés, torturés et même égorgés sans pitié par des membres de l’armée algérienne.

Actuellement, les nomades vivent très des tentes très dispersées et très éloignées les unes des autres, lors de notre voyage à leur rencontre, nous avions constaté combien ce genre de vie humaine, le mien, est en phase de distinction. Les relations entre les nomades ne sont plus comme avant.

Le bois, utilisé, pour la cuisson se fait de plus en plus rare, la plupart des nomades que nous avions pu visiter possèdent des butanes à gaz. Les lampes à gasoil sont utilisées rarement, les jeunes ont tous des lampes à piles. Les déplacements d’une tente à l’autre ou pour aller au souk se font désormais par les motocycles ou les camionnettes qui ont pris le dessus sur les moyens traditionnels des nomades.

Pour les communications, les nomades ont désormais, eux aussi, eu recours aux derniers modèles de téléphones portables, ils n’ont plus besoins d’envoyer des messagers des jours et des jours pour transmettre une information ou récupérer une autre.

L’introduction de toutes ces technologies modernes n’a fait qu’aggraver la situation. En effet, la conjugaison de ces technologies avec les aléas climatiques et la perte des troupeaux suite à la succession d’années sèches a poussé plusieurs nomades à choisir la sédentarisation tant refusée dans le passé. Les nomades , caractérisés jadis par leur capacité à mener une guerre contre les collons pour libérer leur territoire et après pour maintenir leur mode de vie, choisissent actuellement de se sédentariser pour les raisons citées ci-dessus.

Cette sédentarisation est, en particulier dans la région du sud-est, soutenu par le développement spectaculaire du tourisme qui a amené tous les anciens nomades installées dans les villages avoisinants les grandes dunes de sable de l’Erg Chebbi à travailler dans ce secteur. Ceux qui ont un bout de terrain l’ont transformé en auberge ou en gîte, on dénombre actuellement une centaine d’auberges et de gîte sur le versant Nord de l’erg, les autres continuent à travailler comme chameliers pour les touristes ou travaillent dans le nouveau métier de tailleur de pierres.

Le développement de cette activité ne touche pas seulement les grands, mais aussi les petits enfants. Le visiteur des dunes de sable de Merzouga ou un des villages avoisinants remarquera le grand nombre de petits enfants (garçons et filles) qui proposent des produits à vendre aux touristes. Ni le suivi des troupeaux ou le ramassage de bois ni l’école n’intéressent plus les petits.

Le patrimoine nomade est à sauvegarder

Les nomades par défaut sont des gens de déplacement, donc ils ne construisent pas de maisons et par conséquent ne patrimoine matériel. Cependant leurs cimetières constituent un trésor archéologique qui a aidé les scientifiques à savoir et à étudier ce mode de vie le plus ancien de l’existence humaine. Les rituels funéraires ont appris beaucoup de choses aux humains modernes. Les cimetières sont aussi utilisées par les nomades comme des points de repères dans leur périples dans le grands sahara.

Lors de notre déplacement nous avions constatés l’existence de plusieurs cimetières dans l’aire de nomadisme situées sur la frontière maroco-algérienne. les pilleurs ont déjà investit plusieurs tombes à la recherche de trésors.

A part les cimetières on ne peut parler de patrimoine matériel des nomades. L’essentiel de ce patrimoine donc est oral, donc il est considéré comme immatériel.

En effet, ce patrimoine comporte la langue, les habits, la musique et les traditions. Toutes ces composantes doivent être préservées par les pouvoirs locaux, régionaux et centraux. Les initiatives prises dans plusieurs pays comptant des citoyens nomades ont pris des dispositions pour sauvegarder et les populations nomades que leur patrimoine. L’Unesco, en considération de l'importance du patrimoine culturel immatériel, creuset de la diversité culturelle et garant du développement durable, telle que soulignée par la Recommandation de l'UNESCO sur la sauvegarde de la culture traditionnelle et populaire de 1989, par la Déclaration universelle de l'UNESCO sur la diversité culturelle de 2001 et par la Déclaration d'Istanbul de 2002 adoptée par la troisième Table ronde des ministres de la culture et en considérant la profonde interdépendance entre le patrimoine culturel immatériel et le patrimoine matériel culturel et naturel a adopté, le 17 octobre 2003, la Convention. pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Cette convention est une première qui doit inciter les pays signataires sauvegarder le patrimoine des populations nomades. L’Union Européenne, quant à elle à approuvé depuis 1975, la Résolution (75) 13 portant recommandation sur la situation sociale des populations nomades en Europe, cette résolution oblige les pays membres a entreprendre des mesures pour la préservation des droits de populations nomades vivant dans leurs territoires.

Au Maroc, plusieurs initiatives ont été entreprises par une association oeuvrant dans la région de Ouarzazate pour la sauvegarde de mode de vie des nomades. Plusieurs conventions ont été signées par des entités du gouvernement et d’autre ONG nationales et internationales. Les travaux de cette association et des chercheurs de différents domaine ont aidé à rapprocher les nomades des populations sédentaires. Des écoles mobiles ont été créées en collaboration avec le ministère de l’éducation nationale pour permettre aux enfants des nomades de profiter de l’école comme les autres.

Le tourisme, dans ses versions écologique, durable, intégré ou équitable, vise lui aussi à amener les touristes qui en croient à faire de leur mieux pour la préservation des lieux visités, des populations autochtones.

Il est vrai que actuellement, particulièrement dans la région de Merzouga, ou la sécheresse sévit depuis déjà plusieurs années que le seul moyen utilisé par les nomades pour survivre est le tourisme.

Malgré ça, A’mmi Baha, préfère de rester nomade et survivre que de s’installer dans un village et souffrir du bruit et des tracasserie de la vie sédentaire. Il a raison A’mmi Baha.

Oeuvrons tous pour la sauvegarde du patrimoine des nomades dans notre pays, c’est la mémoire vivante de notre histoire, plusieurs fois millénaire.

A bon entendeur.