vendredi, mars 11, 2011

Le sud-est et la hogra !

Le sud-est et la hogra !
Qu’avons-nous fais pour mériter ça ?


Par Moha Arehal

En hommage à mon ami Feu Nba, un grand homme qui a chanté le Sud Est

Préambule

« Sahraoui » « Amazigh du sud est » une fois vous vous définissez de cette façon c’est surement que vous allez entendre une phrase ou une expression de la sorte de « agharass agharass », « lah i3emrha dar ». Une fois sur la route n° 13 liant le Sud-Est à Meknès, j’ai pris avec moi un policier qui faisait l’autostop pour rejoindre Errachidia pour le travail. En discutant sur les gens du Sud-Est, ils n’en comptent pas parmi les cadres supérieurs de l’Etat pour mon ami de la route. Eux, ajoute-t-il, sont soit des immigrés à l’intérieur du Maroc dans les grandes villes (construction ou creuseurs de puits en général) ou dans des petites fonctions comme soldats aux frontières soit à l’étranger, où ils sont présents dans la plupart des pays d’accueil. Mon accompagnant, comme plusieurs autres, reconnaissent les qualités de ces braves gens qui font d’eux partout où ils se trouvaient des hommes de confiance.

Ce n’est qu’un témoignage d’un simple citoyen de ce pays, qui a eu une occasion de rencontrer un émigré du Sud Est en vacances.

Cette image mythique des gens du Sud Est, n’est toujours pas aussi belle et brillante, il est plutôt dramatique et sombre que la situation du développement économique, social et culturel dans cette région. La situation que vie la plupart des localités et villes de la région du Sud-Est ne peut être mieux élucidé que par le nombre d’émigrés qu’ils comptent. En effet, les statistiques montrent bien que cette zone ne pouvait survivre, si ce n’est grâce aux transferts d’argent de ses émigrés éparpillés partout dans le monde et dans les autres régions du Maroc.

Situation administrative et géographie

La région de Sud-est est constitué selon le découpage administratif de plusieurs provinces, notamment : Figuig, Errachidia, Tinghir, Midelt, Zogara et Ouarzazate et bien sure une partie de la province de Azilal. La région est caractérisé par un climat allant de l’humide au niveau des montagnes du Haut Atlas au climat aride au niveau des frontières avec l’Algérie. De point de vue démographique, la région compte une mosaïque ethnique, tel un puzzle bien agencé ou toute composante trouve sa place et vie en harmonie et en paix avec les autres.

Ces provinces qui partagent le territoire du Sud Est ont été réparties sur trois régions différentes de tous les points de vues Figuig est annexé à la région de l’oriental, Errachidia et Midelt à la Région de Meknès-Tafilalet et Ourzazate, Tinghir et Zagora à la région du Souss-Massa-Draâ.

Dans l’optique ou on considère le champ naturel du déplacement historique des nomades du Sud Est, la province d’Azilal comporte une grande position faisant partie du territoire du Sud Est et qui dépend de la Région de Tadla Azilal.

Cette répartition du territoire du Sud Est, malgré qu’elle réponde à un besoin de l’Etat moderne axé sur la régionalisation pour faciliter l’accès aux services publics modernes, n’a pas été de l’avis de la population du Sud Est appartenant aux mêmes systèmes tribal. L’application de ce nouveau découpage a fait que des villages se sont trouvés séparés de leur environnement social et politique naturel pour en dépendre d’un autre. C’est le cas, suite à la création de la nouvelle province de Tinghir, des habitants de Alnif ou même de Assoul, dépendant depuis toujours de Tafilalet et de Rich respectivement qui se trouvent actuellement dépendant d’Agadir.

Cette situation ne fait que compliquer la vie des populations qui se trouvent obliger de se déplacer des centaines de Kilomètres pour réaliser leurs affaires administratives, de santé, ou d’enseignement et de justice, sans oublier la nouvelle situation qui les fait dépendant des instances élues d’une région que celle dont elles dépendaient depuis toujours.

Une terre de lutte depuis toujours

Le Sud-Est était toujours une terre de lutte depuis l’aube du temps. Les guerriers du Sud-Est ont toujours donnés des leçons aux conquérants, qu’ils soient des autres régions ou des ennemies étrangers. Cette région a été de toutes les convoitises de toutes les dynasties qui ont gouvernés le Maroc et à chaque fois la région a observé une grande résistance aux conquérants pour garder son indépendance.

Au début du vingtième siècle, la région a été, comme toute l’Afrique du Nord, touchée par le phénomène de la pacification ou plutôt de la colonisation, donné en concession par les pouvoirs centraux aux troupes français en contrepartie d’intérêts économiques et financiers pour la France et ses troupes de collons. Personne ne niera la bravoure des guerriers et des habitants - hommes et femmes - dans la lutte armée contre l’occupation de la région par les troupes françaises. Les troupes françaises, armés jusqu’aux dents n’ont rien pu faire contre les guerriers du Sud-Est soit à Bougafer ou à Badou ou même en Algérie à Timimoun.

Malgré les sacrifices des habitants de cette région comme Assu u Basslam, Djou Moh, Zaid u Hmad, Addi u Bihi ou Abbas Mssaadi dont les raisons de son assassinat ne sont pas encore élucidées, ou Boujemâa Hebbaz, reconnu par le CCDH comme un kidnappé des années de plomb, dont le sort n’est pas encore connu. Cette région reste encore des dernières priorités du gouvernement après plus de 50 ans de l’indépendance de notre pays.

Durant un demi-siècle, cette région a été victime d’une marginalisation et une exclusion parfaite. Elle était et reste encore une région disciplinaire pour tous les secteurs de la fonction publique. Quelqu’un qui dérange, est automatiquement envoyé dans cette région pour des raisons disciplinaires. Par ailleurs, la région est connue pour ces bagnes secrets du pouvoir. Agdèz et Tazmamart, entre autres termes, résonnent bien partout et démontrent de la cruauté des acteurs des atteintes aux droits humains au Maroc. Les habitants de Figuig, Errachidia, Ouarzazate et Zagora ont été les premiers à souffrir de l’existence de ces prisons secrets.

Déjà, juste après l’indépendance et suite aux événements qui ont accompagné le refus de Addi U Bihi de l’instauration de nouveaux tribunaux liés au pourvoir central en remplacement des tribunaux sous contrôle tribal, plusieurs participants de ce mouvement ont été arrêtés et jugés. En 1973, la majorité des militants qui ont participés aux événements de Dar Bouazza, orchestrés par les dinosaures de l’UNFP devenus par opérations césarienne l’USFP en 1975, étaient en majorité originaires de la région du Sud Est. On en compte plusieurs disparus et des dizaines d’exilés.

Au début des années 80, une vingtaine de personnes ont été arrêtés à Goulmima et poursuivies et torturés pour des accusations basées sur des témoignages de Mokaddem et de parole du « radio arabe » dans la région. Plusieurs d’entre eux soufrent encore de séquelles soient physiques ou psychologiques, aucun d’eux n’est sorti indemne de cette épreuve.

La marginalisation orchestrée envers cette région constitue la principale raison des vagues d’immigrations qu’a connues cette région. Il suffit de faire une visite sur l’un des chantiers dans n’importe quelle ville du pays pour se rendre à l’évidence que la plupart des ouvriers sont originaire du sud-est. Les chantiers de Nador, Oujda, Casa, Rabat, Tanger ou Agadir sont là pour prouver ça à qui veut l’entendre. Cette situation nous rappelle encore le drame de l’immigration de masse de plusieurs milliers d’habitants de Tafilalet vers Meknès et Fès dans les années 30, sauf que celle-là a été causée par les méfaits d’une longue période de sècheresse.

Les anciens chanceux bacheliers de la région étaient obligés jusqu’au début des années 2000 à s’exiler dans les grandes villes pour continuer leurs études. Devant le nombre grandissant du nombre des étudiants issus de ces contrés, les responsables du pays ont doté la région de deux facultés à Errachidia et à Ouarzazate.

Le rapport sur la pauvreté au Maroc, produit par le gouvernement, -pas par des ONG internationaux- place cette région parmi les plus pauvres, une commune sur la frontière algéro-marocaine est d’ailleurs « primée » comme la commune la plus pauvre de tout le Maroc. Normalement un plan d’action devait être établi pour développer toutes les communes déclarées comme les plus pauvres du Maroc. Les grands chantiers du pays se sont installés encore une fois dans les villes du Maroc dit utile. Les autres régions n’ont eu que de petits projets dans le cadre de l’INDH, mais pas de projets structurants produisant une vraie valeur ajoutée pour la région et pour la nation.

Et de nos jours ?

2007, petit village de Tilmi, une vidéo de la marche conduite par des femmes et des jeunes contre la tenue des élections a fait le tour des sites web, sans trouver d’échos ni dans les télévisions nationaux ni dans les journaux en centaine dans ce pays. Les revendications sont clairs : à quoi bon de voter si rien ne s’est fait depuis plus de 50 ans d’indépendance et rien se fera. Participer ou non donne le même résultat.

Depuis cette même année, les enfants du sud-est poussés à l’exil pour faire des études, la seule chose qu’ils savent faire depuis des générations pour accéder à l’ascenseur social, ont été la cible des milices des résidus du panarabisme dans les facultés d’Agadir, Marrakech, Meknès et Errachidia. Plusieurs étudiants ont été agressés mainte fois sans que les autorités interviennent pour les protéger contre ces intrus dans notre pays. Le résultat est connu de tous, aucun des adeptes de l’idéologie sanguinaire panarabisme n’a été poursuivi devant la justice, seuls les militants amazigh ont payé le prix cher. Deux d’entre eux sont encore incarcérés dans la prison de Toulal à Meknès.

Les manifestations organisées un peu partout dans la région et les marches organisées par les habitants vers les chefs lieu de provinces n’ont pas servi à quelques choses à part des promesses qui ne sont jamais tenues ni par les « élus » ni par les autorités. Les routes du Sud à part les grands axes (routes nationales) sont dans des états lamentables et dans leur grande partie impraticable. Les écoles, les hôpitaux, de leurs nombres très limités, ne répondent à aucun critère international. Les institutions culturelles, alors, rien à dire, simplement elles n’existent même pas.

Que faire en conclusion

Le sud-est a, le long de son histoire servi ce pays soit pas ses richesses minières, exploitées par Manajem sans retour sur la région, par ses productions agricoles (palmier, rosier, henné,…) et principalement par sa matière grise. Les cadres du sud-est sont omniprésents dans les différents secteurs de l’économie et de l’administration marocaine, même si leur présence dans les postes clés est très limitée.

L’Etat doit, entre autres, réhabiliter la région, les programmes identifiés dans le cadre de la réparation communautaires restent très insuffisants pour une réhabilitation de la région et de ses Hommes. La région a besoin de projets structurants pour une économie forte permettant aux habitants de vivre dignement dans leur région. Il est inconcevable que plusieurs cadres disposent de diplômes de haut niveau se trouvent obligés de chercher du travail à l’étranger ou dans les grandes villes, alors que le sud-est en a le plus besoin.

Le sud-est doit être considéré comme une zone sinistré par les méfaits de la marginalisation qui a duré plus de 50 ans et de ce fait un programme de construction doit être mis en œuvre. Ce programme devra être intégré et concernera tous les composantes socioéconomiques à savoir premièrement, l’instauration d’un tissu économique permettant à la zone de dépasser son état alarmant de pauvreté, deuxièmement, la construction des établissements de santé et des écoles. La région doit aussi disposer de l’infrastructure de télécommunication et couverte des ondes FM. Il est vraiment désolant de constater qu’en 2011, les habitants du sud-est ne peuvent encore pas recevoir les nouvelles chaines de radio sur la bande FM.

La mise en œuvre de ces recommandations et d’autres actions s’avèrent nécessaires si l’Etat dispose d’une bonne volonté pour rompre avec la phase ou cette zone était considérée comme le Maroc inutile. Il est temps que cette région reçoive sa part de la richesse de ce pays. Il est temps que les habitants du sud est soient considérés comme des marocains à part entière.

A Bon entendeur


NB article paru dans le journal Le Monde Amzigh du mois de mars 2011

mardi, février 22, 2011

SUD EST: l'IRCAM Absent comme toujours

Le 9 janvier 2011, le Sud Est venait de perdre un des grands espoir de cette région dans le domaine de la chanson engagée. l'infos tombait comme une bombre sur les têtes de ses fans (es) et admirateurs (rices): Nba le leader du groupe Saghru Band n'est plus,.... quelle perte!

L'IRCAM, institution officielle en charge de la promotion de la culture amazigh au Maroc avait decerné à ce jeune talent du Sud Est, région depuis toujours marginalisée, lui avait decerné quelques semaines avant sa disparition le prix du meilleurs chanteur de la musique moderne au Maroc alors qu'il était hospitalisé à Rabat.

Cette même institution, et dans un geste louable avait envoyé une délégation pour présenter ses condoléances à la famille, la semaine après l'inhumation du regretté Nba.

Cependant, et à croire les membres du Comité d'Organisation de l’hommage posthume de feu regretté Nba qui a été commémoré le samedi dernier à Imetghern, l'IRCAM, devait envoyer une délégation pour le représenter à cet évènement majeur dans le Sud Est mais à la surprise de tous le monde, aucun représentant de l'IRCAM n'a fait le déplacement et aucune contribution financière n'a été débloqué pour sponsoriser l’évènement.

l'IRCAM donne encore la preuve à qui veux que le Sud Est n'est pas inscrit dans son Agenda, surtout que c'est la première fois que le Sud Est lui fait appel pour l'organisation d'un hommage posthume au teneur du premier prix de la musique décerné par l'IRCAM pour l'année 2010.

Les militants du Sud Est présents ont condamné cette attitude discriminatoire de l'IRCAM envers le Sud-Est, dorénavant ne dites plus que nous sommes des Refuzniks.....

mardi, janvier 25, 2011

Un grand nom de la musique engagée n’est plus

Un grand nom de la musique engagée n’est plus

Marchant sur le chemin de la chanson engagée ; M’barek Oulaarbi, dit Nba, vient de nous quitter à l’âge de 28 ans, après quelques mois de combat contre la maladie. Ce chanteur engagé à la voix déchirante et aux textes enragés, il était le porte parole d’une jeunesse révoltée et un amoureux de son pays et surtout de Sud-est du Maroc. Considéré comme l’un des artistes les plus fascinants de son pays et qui va fortement manquer à la chanson amazighe.
Le jour de sa mort, sa mère se rappelle encore : « le combat continue, disait Nba, sans moi, tant quelqu’un écoutera ma voix, je serai vivant ». Bien entendu, ces mots resteront gravés dans l’histoire.
Nba s’en est allé ce 9 janvier et on l’entend encore chanter « Grad-i-fassen » « Muha » « message to obama » « Mma » « Suzanna »….Il faisait partie de ces artistes humbles et entiers, qui ne cherchent ni la gloire ni l’idolâtre. Croyant au changement, il a mené une carrière qui restera l’une des plus atypiques et des plus intéressantes de la musique engagée amazighe.
Convaincu que la musique est universelle, Nba a trouvé que le meilleur moyen d’exprimer sa révolte, son amour aux pauvres, c’était celui des mots, de la musique , de cet attachement au territoire, et aux ancêtres qui ont donné leur vie pour couronner la bravoure et le triomphe des Amazighs. Et c’est ce qui avait expliqué la voix rebelle M’barek Oulaarbi, que dieu ait son âme, dans un interview recueillis par Azal :
″de nos ancêtres, nous avons un petit flambeau et nous essayons de maintenir en vie cette flamme.″
C’est une flamme qui a allumé ses sons, ses mots, sa voix et de son groupe « Saghru Band » qui ont grandi au sein du combat que mène le mouvement amazigh…son expérience, sa conscience, et ses recherches sur l’art…ont crée dans son chemin une flamme de sensibilisation et de l’engagement et de sillonner toutes les scènes du Maroc pour des soirées purement musicale à : Errachidia, Boumalen Dadès, Marrakech, Nador et Tanger, ainsi qu’en Suisse. N’oublions pas aussi que sa flamme a pu éclaircir la scène de Kabylie par une participation inoubliable…
Nba, était l’archétype de l’artiste intellectuel qui avait traversé ces années comme frontière sans rien ne l’altérait ni ne l’arrêtait afin de lutter contre les injustices et de réclamer les droits des Hommes qui ont été incarnés à travers ces albums : « Muha » « Tellili » « Message to obama » « No bordeline » qui lui ont voulu d’être le chanteur
de l’année 2010 selon l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM). Compositeur, interprète, peintre et artiste intellectuel qui avait deux licences : la première en sciences juridiques de Meknès et la seconde en études françaises de la faculté polydisciplinaire d’Errachidia , Nba sera toujours vivant.

Par : Yamna Chahbar.

jeudi, janvier 20, 2011

Ton regard, Poème hommage

L'adieu.
( Texte didié déjà à un frère tel Mbarek, rabbi atnirhem,aujourd'hui je le didie de même a ce grand artiste qui biens de nous quittr pour toujours)

Ton regard
éclairant tes nuits obscures
se hâtait de bon matin
sur les sentiers égarés de ta vie,
à l'aube de ton âge,
comme un troubadour,
tombourin soumis au jeu des doigts,
résonnait de souffrance,
au fil des traces de tes pas
sur le gravier de la colline

ton regard
éclairant la grotte qui abritait tes sourires
s'immiscait entre les fissures déchirant ta demeure,
à l'aube de tes joies,
comme un couteau,
faille ouverte sur un mur
saignant au lendemain d'un séisme

Ton regard
innocent comme l'amour
s'éparpillait tout autour
parfumant ta parole
d'encens et de jasmin
Conjurant le temps qui brisait tes élans.

Ton regard
au seuil de tes révoltes
s'arrêtait éternellement net
hissé face au spectre de toutes les misères.

Aujourd'hui
ton regard s'est éteint
à mi-chemin entre deux rives
au coeur des errances sans lune
à la lisière d'un espoir inassouvi
à la recherche d'un brin de joie
là où le destin te guettait

Mohamed Agoujil

Hommage à Nba…

Hommage à Nba…

A ce moment là j’ai appris la nouvelle surprise que je savais écrire, qu’au fond de moi il y a des choses qui sont écrites et qui se manifestent depuis ma naissance et même avant, puisque je porte l’héritage de mes ancêtres dans ma chair. Des mots et des sentiments que j’ai ignoré dans la tristesse de mon existence.

J’ai toujours refusé de croire ni de prendre le temps de m’écouter avec sincérité, même au seuil de mes instants de solitude et de douleur. Ce soir, tout à changé je me suis rendu compte que la vie n’est pas aussi belle que je le croyais, et que l’utilité de notre existence ne dépend pas du nombre d’années qu’on vit, ni de la longueur du chemin qu’on a parcouru. Combien de personnes respirent la mort et se croient vivants, et combien de personnes on croit morts alors qu’ils sont eternels, car ils ont marqué nos vies et ont donné leur sang en essayant de raviver la flamme de l’espoir dans nos cœurs qui battent dans le vide d’une existence inutile, et surtout pesante.

J’ai appris la mort de Nba du groupe musical «Saghruband». Malgré la douleur et le traumatisme que je viens de vivre je ne suis pas surpris pour autant, car bizarrement cette voix de la liberté qui osait parler de ce qu’on fuyait et qui criait cette douleur atroce qui nous range de l’intérieur en tant que peuple assimilé à travers son histoire, et dépourvu de tout droit de parole ou de souveraineté sur ses terres. Cette voix qui nous obligeait à nous regarder dans le miroir de nos erreurs, nos craintes, notre mal aise existentiel et surtout notre défaitisme chronique récurent qui perdure depuis plusieurs siècles. Cette voix était tellement libre, osante et surtout dérangeante que ce n’est pas surprenant que les vieux serpents (qu’on croyait disparus à force de nous noyer par les discours sur la liberté, l’ouverture, la démocratie et le droit à la différence) protecteurs de la bonne conduite populaire et garants de la soumission absolue à la gouvernance de l’élite héritière du sang sacré et détentatrice du droit de vie et de mort sur nous, se manifestent pour mettre les choses dans «l’ordre» et éteindre cette lumière qui ne cesse d’éclairer et de réchauffer d’avantage de cœurs et de consciences, et c’est ce qu’on vient de vivre. La liberté d’expression est un mensonge que la majorité des gens refusent de croire, mais la vie est une occasion de tester notre résistance à la répression et au sens qu’on a envie de donner à notre passage sur cette terre.

Nba tu es rentré dans nos maisons et nos vies, car tu as eu le courage d’assumer tes choix et tes pensées. Tu es rentré dans nos cœurs, car tu as eu la gentillesse et la générosité de réanimer ses cœurs qui ont cessé de battre depuis longtemps. Tu es rentré dans la grande porte de l’histoire de ce peuple qu’à un moment donné a cessé de vivre et surtout d’exister. Tu es parti, peut être, tu voulais te reposer dans un moment de tristesse ou de joie, qui sait ? Ils ont cru tué la liberté en fermant tes yeux pour toujours, mais ils ont oublié que tu fais parti d’un peuple qui a traversé l’histoire en la gravant dans les cœurs. Ils ont enterré ton corps, mais ils ont oublié que les belles fleures poussent toujours sur les terres généreuses, et la tienne -la notre- l’est. En partant, tu nous as laissé, de la liberté on en a souffert aussi, mais ils ont oublié que tu l’as chanté et que c’est mots raisonnent dans l’horizon comme un appel de l’avenir, un chant à la vie et à l’existence.

Nba!...je ne peux pas te dire à Dieu, car je trouve ça indécent, et je préfère te dire merci d’avoir existé et osé nous rendre un peu de courage de vivre, tu étais là, tu es là et tu sera toujours là avec nous et entre nous, car tu es l’une de ses voix intemporelles qui illuminent notre existence.

Ayyouz ayamddakle…..ma lettre je l’envoi au pigeon de la liberté qui est le seul à savoir où te retrouver. Elle est peut être imparfaite certes, mais une chose est sûr elle est sincère…………
Tannmmirtnke.


Auteur: Hassane OUMADA

Hommage à Nba…qui a parfaitement accompli sa mission

Hommage à Nba…qui a parfaitement accompli sa mission

J’ai beaucoup entendu parler de toi avant que je te connaisse, la première fois que je t’ai entendu chanter je savais que tu allais devenir un géant, je me souviens, je t’ai dit une chose, il y a cinq ans, je t’ai dit que tu es Oulahlou d’Ait ghighuc. Un peu plus tard, je me suis rendu compte que c’est injuste de continuer à t’appeler comme ça. Pourquoi ce n’est pas l’autre qui devrait être appelé Nba des Kabyles.

J’avais cette chance de te rencontrer à maintes reprises, chose qui m’a permis de te connaître de prés. On est devenu amis, cette amitié qui demeure toujours chaude dans mon cœur, même si tu n’es plus là. J’avais la chance de connaitre un grand homme, une chance qu’une grande partie de ton public n’avait pas. Certes, ils te connaissent à travers tes chansons et tes paroles, mais ils ont manqué d’apprécier le grand cœur qui est le tien. Tu étais un étudiant studieux, un militant infatigable et un homme très sympathique qui a pu semer son amour aux cœurs de tous ceux qui te connaissent. Tu es un grand homme, cependant tu as toujours préféré être modeste, et rester proche de tes amis et de ton public. C’est ainsi que tu as pu parfaitement accomplir ta mission.

Tu es un artiste exemplaire, tu as pu chanter d’une manière inédite, tu as touché des sujets considérés comme tabou. Par tes chansons, tu as fais peur, tu as fait pleurer, tu as bouleversé les axiomes et les évidences pour les remplacer par d’autres. Un système des valeurs imposé d’une manière obscurantiste, tu as refusé de t’y soumettre…et tu as parfaitement accompli ta mission.

Dés que tu as créé comme un lion, les loups ont pris fuite, dés que tu as émis ton message comme un prophète, tu as fait tes disciples et tu as vaincu tous les diables. Viendras-t-il un autre lion pour chasser ces loups ? Viendra-t-il un autre messager pour chasser ces diables ?

Tu as défendu l’identité millénaire de ce peuple, par des propos claires qui ne sont pas chiffrés, et d’une façon très explicite et franche. Tu as appelé à haute voix à cesser les injustices contre ce peuple et à libérer ses détenus, tu as chanté contre la discrimination, contre l’obscurantisme quelque soit son fondement idéologique, et tu as préconisé l’humanisme, la tolérance et l’amour…et tu as parfaitement accompli ta mission.

Dans l’une de tes interviews, tu as dit que tu vas chanter la réalité quelque soit le prix, tu as donné la parole et tu l’as retenue, tu t’es engagé et tu as honoré ton engagement. T’as chanté avec fidélité la réalité, aussi noire et critique qu’elle soit, tu avais le courage de la décrire.

Tu as aimé les pauvres, les faibles, les chômeurs et toutes les couches défavorisées. Tu étais leur porte parole idéal devant ces politiques qui ne sont jamais dignes de ton respect. Leurs procédures, leurs codes et leurs lois, tu ne les prends jamais en considération, lorsqu’il s’agit de la défense des droits et des causes humaines et justes…et tu as parfaitement accompli ta mission.

Tu nous a quitté à jamais, sans même nous dire à dieu, oui, parce que, tu n’es pas encore prêt à quitter ton public et ton peuple que tu aime et qui t’aime énormément. Ta disparition a blessé les cœurs, elle a fait couler les larmes, et le deuil s’est installé partout. Hélas, le destin a ses logiques à lui. Tu es mort, tu es disparu, sauf que ton esprit demeure toujours parmi nous, il compose et il chante. Ton âme sera toujours portée dans les cœurs de ces grandes masses de ton public dont une grande majorité ne veut pas encore absorber l’idée que tu n’es plus là.

Tes chansons resteront perpétuelles, elles seront transmises de génération en génération comme toutes les révélations. Ton portrait restera aussi éternel, comme celui de toutes ces personnes qui ont marqué l’Histoire…cher ami, je peux continuer à écrire jusqu’à demain, jusqu’à l’année prochaine, comme tu l’as toi-même chanté « ar askka ar imal » je ne pourrais jamais écrire ce que je devrai écrire pour te rendre l’hommage que tu mérite. Reposes toi en paix, tout le monde est fier de toi parce que tu as parfaitement accompli ta mission avant de disparaitre.

Amnay Amazigh

Tinghir

Nba Oulaarbi, pour l’éternité, tu resteras dans nos pensées

Nba Oulaarbi, pour l’éternité, tu resteras dans nos pensées
Par Mohamed EL Manouar

Nbark Oulaarbi (alias Nba) n’est plus. Cette nouvelle nous a tous terriblement affectée. Il est parti de sitôt, alors qu’il ne dépassait pas 28 ans. Que d’émotions, de tristesse et de chagrin nous ont envahis. J’en reste coi. Il m’aurait fallu beaucoup de temps pour me résigner à le croire. Mais devant un tel événement, du reste douloureux, le silence et la méditation sont de rigueur.

Pour l’avoir connu et côtoyé la première fois à Alnif, à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de la mémorable guerre de Bu Gafer, je garde de ce personnage si attachant et fascinant, des souvenirs d’un jeune homme courtois, ferme et engagé, un amazigh hardi, convaincu, d’une franchise sans concession, intègre, et fait d’une seule étoffe.

Par son énergie débordante, son souffle constant et plein de mélodies, son jeune n’a pas empêché notre Nba de marquer de ses empreintes indélébiles l’art amazigh et singulièrement celui du sud-est pour lequel il a réussi à donner d’autres perspectives, une autre dimension inconnue jusqu’alors. Il était également connu pour avoir été l’artisan incontournable, l’artificier infatigable, la pièce maîtresse de son groupe Saghru Band qu’il a su hisser au firmament de la chanson moderne amazighe. Et, pour preuve, il a été primé par la commission nationale de la Culture amazighe (chanson moderne) issue de l’Institut Royale de la Culture Amazighe, lors de sa dernière session organisée en octobre 2010, alors qu’il était hospitalisé à Rabat. Moins de trois mois après, il est décédé et enterré à Mllaâb, dans la région de Goulmima, parmi les siens, les nôtres, sa région natale qui l’avait vu naître et qui le voit rejoindre sa demeure éternelle. Ironie de l’histoire ! Et qu’il reposera en paix

Feu Nba était surtout connu pour avoir été un grand chanteur qui nous avait charmé avec ses divers styles et rythmes. En réalité, il n’était pas uniquement un artiste accompli. Il jouait de la guitare, la flûte, l’harmonica et autres. Il était en plus, et le restera pour longtemps, porteur de beaucoup d'espoir pour notre jeunesse en malaise qu’il hantait. Il était pour celle-ci un catalyseur qui renvoi au plus loin, au-delà de l’Atlas, au pays plat, ses préoccupations, ses angoisses et ses rêves. Normal, il était constamment avec cette jeunesse inquiète avec laquelle il vivait en symbiose.

Il est également, malgré son jeune âge un étudiant battant, assidu et multidisciplinaire puisqu’il est titulaire d’une licence en Droit et une autre en littérature française. Amazigh dans l’âme, universitaire, il avait su choisir des mots subtils et sublimes, qui arrivent droit au cœur. Il a su exprimer les malaises d'un peuple, d'une région et d'une jeunesse en quête de jours meilleurs, une jeunesse et une région assoiffée de liberté et de rêves. Il colportait des rêves collectifs qui sont, contrairement aux rêves individuels, des réalités qui s’expriment dans la bouche et dans les mots, les paroles minutieusement choisies et scandées en chœur et dans une alchimie merveilleuse, devant ses fans et son public qui se déchainent.

Qu’en déplaise à la courte mémoire de l’histoire et des hommes, notre regretté Nba ne sera jamais oublié. Il restera pour l’éternité dans nos cœurs, nos esprits et notre pensée. Il est l’exemple pour notre jeunesse capable de nous donner d’autres artistes qui apporteront à la création et à la culture amazighe une dimension qui ne peut jamais s’essouffler dans la durée. Que notre Nba repose en paix et que la vie continue.

samedi, janvier 15, 2011

Nba: l’ami, le frère, le militant Toujours est,……

Nba: l’ami, le frère, le militant
Toujours est,……
Moha Arehal

Un contexte
Un jour de décembre 1982, un petit enfant est né à Mella3b, un village du Sud Est, ses parents lui ont choisi un très joli prénom (M’barek = béni). Avec le temps Mbarek devient Nbarek pour reprendre le sens de la bénédiction en tamazight (Anbark). Ce prénom, gravé dans la mémoire des gens deviendra Nba, par diminution. C’est avec ce pseudo qu’il se présente depuis qu’il a commencé sa belle et courte carrière-rébellion en musique. Et c’est le Nom avec lequel nous allons le connaitre pour toujours.

Une vie mouvementée
Nba, ce jeune musicien, poète et artiste peintre, né dans une famille de militants, sur une terre chargée d’histoire et de sang de martyres. Nba s’est imprégné de l’histoire des hommes libres, de leur bravoure et de leur gentillesse au même temps.
Nba, a étudié dans les quelques écoles que comptait la région, a été obligé de dire maintes fois au revoir à sa maman, pour aller étudier - c’est la seule chose d’ailleurs que lui, moi et les autres venant de ces contrés savent faire et bien faire-. Nba à étudié à Meknès et à Errachidia comme la plupart de nous. Il a réussi à décroché plus d’un diplôme, une licence en sciences juridique et une autre en littérature française.
En chômage malgré ses diplômes, il revient à son amour propre, la Musique. Là aussi il a excellé. Il commence, avec son petit frère Khalid et d’autres jeunes de la région, à chanté des morceaux des grands de la chanson amazigh, Idir, Mimoun, Izri, Mellal et d’autres. PUIS et oui Puis, ils fondent ensemble le groupe SAGHRU BAND, un groupe musical unique en son genre. « Un artiste qui ne chante pas sa cause et ses valeurs ne mérite pas le titre d’artiste », c’est comme ça que Nba définissait l’artiste.
Le groupe n’a pas dévié de cette règle, il a fait de la chanson engagée son cheval de bataille, n’est-il pas constitué de descendants des guerriers qui ont écrit les épopées de Saghru, de Badou et d’autres. Le chois du nom du groupe n’est pas fortuit, ils ont voulu que le groupe soit le porte parole de cette aire géographique oubliée de toute initiative du développement. Une grande population qui ne survie que grâce aux transferts d’argent de ses enfants exilés, à l’intérieur du Maroc comme à l’étranger.
Avant sa maladie et son hospitalisation, j’avais la chance de passer avec Nba, quelques instants inoubliables dans un coin joli à Rabat avec de la belle musique du Monde. Nba, calme comme toujours, parlait des projets futurs du groupe et des thématiques à traiter. C’était le jour ou j’ai eu ma copie du CD du quatrième album « no borderline ». Malgré le caractère angélique de Nba, qui ne lève jamais la voix en discussion ou en débat, il devenait une autre personne sur scène, avec des mots piquants qui racontent la vérité toute crue devant des publics enchainés. C’était le cas à Tanger, en Suisse et dans les scènes estudiantines dans les universités marocaines.
Nba n’est plus
Quelques semaines passées entre une clinique à Temara et à l’hôpital militaire de Rabat, Nba parait dépasser le pire. Cependant quelques semaines après, Nba replonge, en route pour Rabat pour voir le médecin, Nba succombe à sa maladie, qui reste jusqu’à aujourd’hui un mystère. Nba nous quitte à un âge de fleuron. À un âge de production extrême de 29 ans, Nba quitte la vie, Quitte sa maman, quitte sa guitare, quitte ses amis (es) et tous ses fans.
Sans dire au revoir, il est parti calme comme il est arrivé sur cette terre. La terre sur laquelle a vu le jour un jour de l’hiver de 1982, il la rejoint en hiver de l’année 2011. 29 ans sur terre, Nba a su la fructifier par la production de plusieurs chansons et des dizaines de poèmes. Le corps de Nba a été inhumé à Melaab le 10 janvier 2011. Un jour de deuil pour sa famille et tous ses amis (es) et ses fans
Nba est,….
Nba, le corps, nous lui avons tous dis au revoir ce matin là du 10 Janvier 2010, quelques jours après avoir fêté ses 28 ans. La perte de Nba est une perte certes à sa propre famille, mais reste une perte considérable à sa grande famille: ses amis(es) et ses fans. Le mouvement amazigh perd avec lui, un jeune talent plein d’énergie et d’enthousiasme et de d’ambitions pour l’amazighité dans toutes Tamazgha. Un militant engagé pour sa cause. Il n’a jamais faillit à sa parole de lutter avec le mouvement jusqu’à ce que Tamazight et Imazighen acquièrent leur droits sur leur propre terre.
Nba restera vivant en nous, grâce à l’amour que nous avons porté pour lui de son vivant et que nous lui porterons pour toujours. Le mouvement de solidarité sur le net en témoigne de la place qu’avait Nba dans les cœurs des militants amazighs de partout. Ça me réchauffe le cœur, le nombre illimité de messages de condoléance et de témoignage, postés par les militants sur la toile du Net.
Les poèmes écrits à cette malheureuse occasion par mes amis Afulay et Lounès donnent encore plus de sens à ce mouvement de solidarité avec la famille de Nba et avec sa maman en particulier.

Nba tu resteras toujours parmi nous, par tes paroles, ta musique et notre amour pour Toi.
Tu resteras dans nos cœurs. Tu ne mourras jamais en nous, nous te garderons en nous cher NBA. Que ton âme repose en paix. Nous penserons toujours à toi cher Nba.

A Dieu l'ami, à dieu le frère, à dieu l'artiste, à dieu le militant.

NBA N'est Plus
NBA est,.....

Rbat Ass n 12 janvier 2011

lundi, décembre 07, 2009

jeudi, octobre 22, 2009

Islamisation de l’art : état des lieux du cinéma marocain

Islamisation de l’art : état des lieux du cinéma marocain
Moha Arehal

Depuis 1979, date de la révolution des mollahs sur le régime du Chah, les islamistes fondamentalistes n’ont épargné aucune occasion pour exporter leur révolution et ses percepts aux autres pays dits musulmans. Accouplés aux percepts développés par les intégristes des frères musulmans en Egypte et des résidus des musulmans de la renaissance pendant les premiers années du sicle dernier, intégrisme na cessé de gagner de la place soit par la force des armes ou la propagande.
Le Maroc, considéré comme l’extrême de l’Afrique de nord, na pas été épargné de ce mouvement. En effet, plusieurs marocains ont été endoctrinés par l’idéologie islamiste. Depuis le lancement du Jihad en Afghanistan, plusieurs marocains ont rejoint le front des moudjahidines. Tous le monde priait pour leur victoire dans toutes les mosquées. Après l’évacuation des troupes de l’Union Soviétique, ces soldats se sont retournés au Maroc et ont repris le travail politique et de propagande dans les rangs des mouvements islamistes au Maroc.
Les idées et les habitudes importées par ces anciens afghans au Maroc se sont manifesté dans plusieurs domaines notamment dans les habits, la parole, les journaux, la télévision, l’école, la rue,… en tous les empreintes de l’islamisme gagnaient du terrain dans tous les domaines.
Plusieurs groupuscules avaient commencé un travail de terrain pour instaurer « la charia » par la force, des personnes ont été assassinés parce qu’ils étaient avec des femmes ou parce qu’ils avaient des orientations sexuels différentes.
Le comble est venu en 2003 par les explosions terroristes qu’à connu la ville de Casablanca et ou plus de 45 innocents ont été assassinés, pour la simple raison qu’ils mangeaient dans un restaurant ou priaient dans un cimetière ou simplement prenaient une chambre dans un hôtel.
Les empreintes de l’intégrisme devenaient apparents partout dans les domaines de la vie quotidienne du Maroc depuis plusieurs années et particulièrement après l’autorisation du parti des islamistes dits « modérés » et qui se nommait « Justice et Développement » comme celui des islamistes Turques.
La présence de ce parti au parlement avec une présentation importante lui a promis de se pétitionner sur la scène politique marocaine et n’a cessé de promouvoir l’interventionnisme de l’Etat dans la réglementation des productions artistiques et même de création.
Le cinéma, domaine jusqu’à récemment épargné des attaques des islamistes est devenu une cible presque préférée des islamistes. Depuis les premiers films marocains produits avec le soutien financier de l’Etat pour le développement du cinéma au Maroc, les islamistes utilisent toutes les occasions pour critiquer les films produits par des réalisateurs marocains. Le Film Marrok, produit par une marocaine résidente à l’étranger sur une thématique un peu sensible pour ces mollahs a attiré toutes les attaques et insultes. Les autres films produits après n’ont pas eu plus de chance, à chaque fois qu’un film sort dans les salles, les islamistes même n’ayant pas vu le film menacent de sortir dans les rues pour interdire sa présentation dans les salles.
Seulement en début de 2009, deux films attendent encore pour être présenter au grand public. En fait après leurs participations dans des festivals de films à Marrakech et à Tanger, n’ont pas encore été présentées dans les salles de cinéma marocains.
L’impact de la propagande islamiste au Maroc, sans une contre attaque des modernistes et des hommes de l’art, risquent de perdurer encore et pire peut inhiber la création des artistes marocains qui ont l’ambition de développer un cinéma performant pour présenter la culture du Maroc aux autres peuples.
De ce fait, rien ne peut résoudre cette problématique que l’instauration de la laïcité dans le pays. Elle seule mettre chacun à sa place, la religion dans ses lieux de cultes et la politique à part. la vie sociétale doit être épargner des interprétations religieuse anciens de centaines d’années. Le Maroc, qui a choisi, le chemin du modernisme ne peut réussir son épanouissement que par le développement d’une autre vision du développement de la société à travers l’adoption des valeurs universelles développées tout au long de la civilisation humaine.
A bon entendeur

mardi, février 03, 2009

l'Artiste Maghni Hospitalisé






























40 ans de production, des dizaines d'albums, et après un séjour dans les prisons, l'artiste Mohamed Maghni se trouve maintenant hospitalisé à l'hôpital Ibn Sina de Rabat sans aucune intérêt des responsables de l'art et de la chanson au Maroc ni de l'institution royale qui se veut porte parole des Imazighen au Maroc.

L'état de Si Maghni, délaissé depuis déjà une semaine en attente d'un scanner qui pourra ou pas être réparé, continue a se détériorer et nécessite une prise en charge imminente par le ministère de la culture le plus tôt possible. ce diagnostic par scanner est nécessaire pour décider de la suite à donner à son cas par les médecins.

Par ce message nous demandons à toute la presse responsable et citoyenne de défendre le droit de ce grand artiste marocain qui s'est sacrifié pour notre bonheur en se consommant tel une bougie à être soigné dans de bonnes conditions.

tous les amateurs de la chansson marocaine authentique sont appelés à supporter et à solidariser avec Maghni pour qu'il retourne à son public et à sa musique.

Un POETE NE MEURT JAMAIS

jeudi, janvier 01, 2009

voeux 2009 2959

vendredi, octobre 17, 2008

32 ans de prison pour les militants amazigh et le MCA

ke se passe t il?

c 'est koi au juste?
qui a tué ki?
k'ont il fait pour mériter ces peines?
ou sont nos avocats?
avons nous une dignité?
vous ne volez des martyrs, des prisonniers; les voila! le Sud est en vous donnera! sans problemes!
le Sud Est a donné les premiers prisonniers politiques en 1994 suite à ses actes d'emprisonnement, Tamazight a eu droit de cité dans un discours officiel de Hassan II
le voila encore le Sud Est en vous donne assez, deux mlitants écoppent de 12 ans de prisons et 8 de Un an.
merci encore et merde encore!
c'est toujours le Sud Est qui paye pour Imazighen, toujours c'est le Sud Est qui se sacrifie pour ke imazighen continue son existence.
au lieu de Meknes ou Tizi c'est à Saghrou ke le CMA doit tenir son congrés car tous les imazighen en doivent klk chose à ce Sud Est au moins les marocains d'entre eux.
pour rendre hommage a Ikken, a hercherrass a Derouich, a taous a Oussya a Ou3touch, le CMA doit se tenir dans le Sud Est.
à bon entenduer

lundi, août 04, 2008

Moha Hidach N'est Plus

les lecteurs de ce blog, ne vont rien comprendre à titre de ce billet. ils(elles) ce connaitront pas non plus ce qui est ce personnage qui est Hidach.
Hidach ou Moha pour nous, et un homme simple avec qui nous avons passé toute notre enfance dans notre village, malgré qu'il est considéra par tous comme FOU. pour moi il ne l'a jamais été. c'étais un élève brillant dasn sa classe dans les années 40 quand les collons après avoir passifier notre tribus les AIT ATTA, ont costruit une première école. mon père et Moha étaient dans la même classe.
Moha vient de nous quitter, toutes mes condolénaces à sa famille et à tous ses amis.

Moha a dit une fois à Mokee sur une question de ce que Moha attends au Paradis:
"Dieu doit mettre à notre disposition des Robinets, chacun contient une proesse, un pour le vin, un autre pour le Lait, un autre pour l'eau et etc,....."
cette philosophie n'est pas digne d'être écrite..... Mokee à toi la parole.......

jeudi, mai 22, 2008

La gestion sociale de l’eau au Maroc: De Azerf à la Loi sur l’eau

La gestion sociale de l’eau au Maroc

De Azerf[1] à la Loi sur l’eau

Mohamed OUHSSAIN

Administration du Génie Rural (AGR)

Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime

Maroc

Significativement dans tout le Maghreb, cette dévalorisation de la coutume s'accompagne d'un mépris plus large envers les savoirs ruraux, d'un discrédit des techniques traditionnelles. Comme s'il était nécessaire de rejeter l'irréductible vers l'archaïque afin de justifier qu'on le combatte.

Geneviève Bédoucha

Préambule

Vers 5000 ans avant JC, l’Homme, pour ne plus dépendre de la nature, a inventé l’irrigation pour sécuriser sa nourriture ainsi que l’alimentation du bétail. L’organisation de l’Homme en société et la création de relations sociales ont été à l’origine de l’adoption de règles de partage de la ressource entre les éléments de la société. La première ébauche de la gestion de l’eau dans l’histoire a été donc mise en œuvre. Ces règles élémentaires étaient orales et acceptées par toute la société, puisqu’elles sont établies en concertation avec tous les utilisateurs de la ressource. Ces règles ont été nommées Azerf chez les Imazighen (A’urf en arabe).

Les religions, nées presque toutes dans des sociétés maîtrisant l’agriculture et l’irrigation, ont traité de la problématique de la gestion de l’eau. Dans les temps modernes, les sociétés soucieuses de la nécessité d’une gestion centralisée de la ressource ont établi des Lois pour la cerner.

L’objectif de cette communication est de contribuer à la connaissance de l’histoire de la gestion de l’eau dans notre pays. Nous essayerons de passer en revue les différentes étapes de l’évolution de la gestion de l’eau depuis l’aube de l’histoire par les marocains jusqu’à l’adoption de la Loi sur l’eau en 1995. Nous nous arrêterons sur les apports de chacune des étapes à la bonne gestion de la ressource. Un regard particulier sera fait sur l’Azerf produit par les marocains qui est encore en application dans plusieurs zones du pays.

Rappel des potentialités du Maroc en matière de ressources en eau

Le Maroc reste dans la majeure partie de son territoire un pays à climat essentiellement semi-aride à aride. La région Nord-Ouest (région du Loukkos et du Tangérois) et les sommets de l’Atlas à eux seuls reçoivent la grande partie des précipitations annuelles. Pour le reste du pays, la pluviométrie reste faible.

Les ressources en eau du Maroc sont totalement générées à partir des précipitations endogènes, ce qui donne au pays l’avantage d’être totalement indépendant en la matière et de ne partager aucune ressource hydrique avec d’autres pays.

Sur 130 milliards de m3 des précipitations totales moyennes dont bénéficie le pays, 108 milliards de m3 sont perdus par évapotranspiration, les 22 milliards de m3 restants constituent le potentiel hydraulique renouvelable du pays (écoulements et infiltrations) qui peut, en année sèche, diminuer jusqu’à 30% de la moyenne. Eu égard à ce potentiel renouvelable, on ne peut mobiliser que 17.5 milliards de m3, il s’agit du potentiel hydraulique mobilisable dont près de 13.5 milliards de m3 d’eau de surface et 4 milliards de m3 d’eau souterraine.

Plus de 80% des ressources en eau mobilisables sont situées dans le Nord et le Centre du pays. Les bassins du Loukkos, Sebou et Oum Er-Rabiâ assurent à eux seuls près de 67% des ressources mobilisables globales et plus de 71% des ressources mobilisables de surface.

Importance des ressources en eau mobilisables par bassin et par type de ressource.

BASSIN

Eau de surface

Eau souterraine

Total

Loukkos, Tangérois et Côtiers Méditerranéens

23,1%

11,2%

20,9%

Sebou

27,6%

17,8%

25,7%

Moulouya

7,6%

14,6%

8,9%

Bouregreg et Côtiers Atlantiques de Casablanca

4,7%

5,1%

4,7%

Oum Er-Rabiâ

20,7%

18,2%

20,2%

Tensift et Côtiers d’Essaouira

4,7%

10,0%

5,7%

Souss-Massa et Côtiers d’Agadir et Tiznit

3,8%

12,0%

5,4%

Sud Atlas et régions Sahariennes

7,8%

11,2%

8,4%

La gestion de l’eau d’hier à aujourd’hui

Les habitants du Maroc ont, dès leurs installation, opté pour une gestion rationnelle de cette ressource si capitale pour leur survie. L’eau étant nécessaire à la vie humaine (eau potable) qu’à l’abreuvement du cheptel. L’irrigation a été une des sources de conflit entre les différentes tribus en particulier dans les zones caractérisées par la rareté de la ressource.

Pour faire face aux conflits, les habitants de ces zones ont été très créatifs. Ils ont inventé plusieurs systèmes ingénieux pour mobiliser les eaux souterraines, puisque les eaux superficielles ne sont pas suffisantes ou ne sont pas sécurisées à cause de la concurrence par les différents utilisateurs à l’amont. Dans ce cadre, on peut citer le aghrur, les khettaras, la na’ura ou le jaduf. Ces systèmes, à part la na’ura, permettent une gestion très cadrée de la ressource car les utilisateurs sont connus et participent à l’installation du système, sa gestion et son entretien.

Avec l’arrivée du protectorat, un nouveau système de gestion a été introduit basé sur la centralisation de la gestion. Cette période a connu l’introduction d’une législation nouvelle pour la gestion de l’eau. Elle s’est matérialisée par la mise en place d’un arsenal juridique, calqué sur le modèle français. Ainsi, le premier bulletin officiel du Maroc a compté un texte sur l’inventaire, la réglementation et l’aménagement des ressources hydrauliques au Maroc.

Déjà en 1914, deux ans seulement après l’instauration du protectorat français au Maroc, les autorités du protectorat ont promulgué la première loi sur l’eau. Au fur et à mesure de la pacification des régions rebelles marocaines, cette loi a été complétée par plusieurs décrets et arrêtés pour cerner la ressource en eau sur la totalité du Maroc. En tout, et jusqu’au 1961, la législation sur l’eau comptait 10 dahirs, 4 arrêtés, une circulaire et une instruction.

Après l’indépendance, cette loi et tous les textes qui l’ont suivi ont été marocanisés et n’ont pas été abrogés, de même pour les organes intervenant dans le domaine de l’eau ont été maintenus. Ce n’est qu’en 1995 que tous les textes en relation avec l’eau ont été unifiés dans un seul texte intitulé « Loi 10-95 sur l’eau ».

La gestion traditionnelle de l’eau

Cette communication tente à mettre la lumière sur un système très particulier : la Khettara, un système très ancien, inventé par les Marocains pour la mobilisation des eaux pour l’irrigation et l’eau potable dans plusieurs régions du Maroc et de l’Afrique du Nord.

Techniquement, la khettara est une galerie souterraine construite pour alimenter les jardins dans les palmeraies, lorsqu’il n’est pas possible de creuser des puits. Elle peut avoir un développement sur 2 à 10, voire 15 kilomètres. Les galeries suivent une pente légère (quelques millimètres de dénivelé par mètre) et courent à environ 5 ou 10 mètres sous la surface du sol. La khettaras, proprement dite, a un diamètre suffisant (1 m à 1,20 m) pour permettre le déplacement d’un homme courbé, travailleur progressant d'aval en amont au moment du creusement, et ouvrier circulant pour effectuer des travaux d’entretien.

Afin d’assurer la gestion de l’eau des khettara, les populations ont mis en place des organisations spéciales sous l’égide de la Jma’a avec à sa tête un chef (amghar n targa) élu par les ayants –droit pour une année non renouvelable la plupart des cas. La gestion de l’eau se fait selon la loi coutumière développée par la population elle-même.

A signaler que dans d’autres régions, en particulier celles traversées par des cours d’eau, une autre règle est appliquée qui consiste à donner la priorité à l’amont sur l’aval. Cette pratique, malgré qu’elle soit encore utilisée actuellement, engendre des conflits surtout pendant les années sèches.

Le droit coutumier (Azerf) dans la gestion de l’eau

L’Azerf est un ensemble de règles produites par la communauté villageoise pour gérer un domaine précis. Quelquesfois un seul texte peut gérer plusieurs domaines comme c’est le cas de ta’aqidt d’El Gara ou les tilwah de Gzoula. Le Azerf de Waman (eau) dans le cas des khettaras est presque identique dans les différents oasis du sud est avec des différences minimes liées aux systèmes de mise en valeur de chaque oasis. Par exemple dans l’oasis de Douar Sifa, dans le Tafilalet, on ne parle pas des oliviers malgré l’existence d’une petite population de cet arbre dans la khettara, alors que dans le Rteb, on note l’existence de jardin « ourti » où il y a plusieurs espèces (abricot, amandier, olivier et vignes)

L’Azerf est rarement écrit par les habitants de la région, si des textes entiers ou des fragments ont été trouvés c’est grâce aux fkihs de villages qui maîtrisaient l’écrit. L’Azerf est omniprésent dans les villages (igherman) dans sa version orale. Les règles et les interdits sont souvent connus par les villageois. Dans le Ksar de Haroun, à l’Est de Rissani, la gestion de la khettara est assurée par la Jma’a, le Amghar est le même et pour le village et pour la Khettara. Les règles de gestion de la khettara ne sont pas écrites et peuvent changer d’une année à l’autre, surtout en ce qui concerne Nzoul ou Izmaz.

L’adaptabilité d’Azerf lui donne son caractère de droit positif et évolutif. C’est sans doute pour cette raison que cette source de législation n’est pas souvent écrite. En plus, une des caractéristiques de la positivité d’Azerf est le fait qu'il soit une pure création de la population pour sa propre gestion, ce qui la différencie de toutes les autres sources de juridiction qu’elles soient religieuses ou modernes.

La gestion de l’eau selon la vision islamique

L’Islam a souligné l’importance de l’eau en tant que source de vie. Le terme « eau » a été cité dans le saint Coran dans plus de soixante versets et quarante sourates. Les principes de la Charia constituent une référence de législation en matière d’eau dans les pays dits islamiques. Parmi ces principes on peut citer :

- Les eaux constituent un bien indivis et il ne convient pas d’en interdire l’usage, même si la propriété de l’eau est permise à toute personne qui dispose d’eaux souterraines dans sa terre.

- La consommation de l’eau par des personnes ou des animaux est prioritaire, avant même les rites religieux. Il est interdit à toute personne d’empêcher les êtres humains ou des animaux de consommer cette ressource.

En termes économiques, l’eau, à l’instar du feu et de la nourriture, est un bien indivis commun à tous les musulmans. Les nouvelles législations considèrent que l’eau est un bien de la société sous contrôle de l’Etat. Plusieurs textes de la Charia évoquent la question de l’usage des eaux et constituent une référence juridique en la matière.

La différence primordiale entre le droit coutumier et le droit islamique en matière d’appropriation de l’eau réside dans le rapport terre-eau. La Loi islamique considère que la propriété de la terre implique une propriété de l’eau, alors que le droit coutumier

prévoit le contraire. De plus, certaines institutions juridiques créées dans le cadre de la Charia tel le waqf, ont un impact évident sur le droit coutumier.

La gestion dite moderne de l’eau

Comme énoncé ci-dessus, les français, en s’installant au Maroc, ont promulgué une Loi sur l’eau pour réglementer la gestion de cette ressource. En fait, l’administration du protectorat a créé des instances centrales pour la gestion de l’eau à trois niveaux de l’Intérieur, l’Equipent et l’Agriculture. Chacune des administrations gère un volet du ministériel : domaine de l’eau.

Ce même schéma a été maintenu après la fin du protectorat français au Maroc, le Ministère de l’Equipement s’occupe de la construction des barrages, le ministère de l’agriculture s’occupe de l’irrigation et le Ministère de l’Intérieur assure la présidence des comités de développement dans les provinces par le biais des gouverneurs.

En 1995, tous les textes de la loi sur l’eau ont été unifiés dans la Loi 10-95 sur l’eau. Cette loi regroupe un ensemble d'instruments juridiques dont l'objectif est d'aider à faire face aux défis de la rareté croissante de l'eau, de la forte pression de la demande par les secteurs socio-économiques, de la dégradation de la qualité des eaux. Les principes de gestion de l'eau apportés par cette loi se présentent comme suit:

• La domanialité publique de l'eau: toutes les eaux font partie du domaine public hydraulique à l'exception des droits d'eau traditionnels dont la propriété est juridiquement déjà établie ou reconnue par une procédure appropriée;

• l'unicité de la ressource: la ressource en eau est unitaire et les aspects quantitatifs et qualitatifs des eaux souterraines et de surface sont indissociables ;

• l'unité de la gestion de l'eau: la gestion de l'eau est menée à l'échelle du bassin hydraulique, cadre géographique approprié pour appréhender le développement et la gestion de l’eau ;

• la reconnaissance de la valeur économique de l'eau : l'application du principe préleveur-payeur et pollueur-payeur est une mesure incitative beaucoup plus que dissuasive pour assurer l'économie de l'eau, par la régulation de la demande en eau ;

• La solidarité nationale et régionale : la création des agences de bassins vise notamment l'instauration de mécanismes de solidarité dans les processus de gestion de l’eau, entre usagers, entre secteurs et entre régions.

• La concertation dans la gestion de l'eau : la gestion de l'eau doit être concertée à tous les niveaux (national, régional, local) entre les services de l'administration, les usagers et les élus.

Deux dispositions majeures ont été adoptées par cette loi pour institutionnaliser la concertation de tous les intéressés par la gestion de l’eau :

- l'affirmation du Conseil Supérieur de l'Eau et du Climat, forum permettant à tous les acteurs nationaux concernés par l'eau de débattre de la politique nationale et des orientations fondamentales en matière de gestion des ressources en eau,

- la création d’agences de bassins hydrauliques qui va permettre une véritable décentralisation de la gestion de l’eau impliquant toutes les parties concernées dans la prise de décision.

Outre les Agences de Bassins, la Loi sur l’eau a, en outre, souligné l’importance du Conseil Supérieur de l'Eau et du Climat (CSEC), et des Commissions Préfectorales/Provinciales de l’Eau.

• Le Conseil Supérieur de l'Eau et du Climat institué par la loi. Il est chargé de formuler les orientations générales de la politique nationale en matière d'eau et de climat. Il examine et formule, en outre, son avis sur :

* la stratégie nationale d'amélioration de la connaissance du climat et de son impact sur les ressources en eau ;

* le plan national de l'eau (PNE);

* le plan directeur d’aménagement intégré des ressources en eau (PDAIRE) de chacun des bassins hydrauliques.

• Les Agences de Bassins Hydrauliques (ABH). La création des agences de bassins est certainement la décision la plus novatrice de la nouvelle loi sur l'eau. Ces organismes viennent compléter l'architecture de l'organisation administrative de la gestion de l'eau, qui manquait justement de catalyseur de la gestion au niveau régional. Elles devront assurer d’abord la macro-gestion de l'eau, mais leur action doit s’orienter également vers la promotion de l’usage rationnel de l’eau. Leur action se situe à l'amont des organismes publics de distribution de l'eau (ORMVA'S, Régies, Collectivités, etc.) qui continuent à gérer l'eau au niveau de la distribution.

En plus de leur rôle fédérateur de tous les acteurs de la gestion de l’eau, les agences de bassins ont pour mission :

þ d'évaluer, de planifier, de développer et de gérer les ressources en eau au niveau du bassin hydraulique ;

þ de garantir la préservation du domaine public hydraulique ;

þ d'engager les partenaires et acteurs (collectivités locales, industriels, agriculteurs, etc.) dans des projets visant la maîtrise quantitative et qualitative des ressources en eau ;

þ de promouvoir et de développer la technicité en matière d'utilisation de l'eau ;

þ d'anticiper pour pouvoir faire face aux situations exceptionnelles (pénuries d'eau, inondations, dégradations spontanées de la qualité de l'eau, etc.).

L'agence de bassin est un établissement public, à caractère administratif, doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Elle est administrée par un Conseil d'Administration où sont représentés les administrations concernées, les usagers et les élus.

Pour permettre aux agences de bassins d'assurer leurs missions, le législateur a mis à leur disposition des moyens financiers constitués principalement de redevances sur l’utilisation du domaine public hydraulique (redevances prélèvement d’eau et redevances rejets).

• Les Commissions Préfectorales/Provinciales de l’Eau. Elles constituent un cadre de concertation local qui regroupe outre les collectivités locales, les services provinciaux de l'Etat et les associations socio-professionnelles.

Ces commissions participent à l'établissement des plans d'aménagement intégré des ressources en eau, intéressant leur région et encouragent l'action des communes en matière d'économie de l'eau et de protection de la ressource.

Les droits d’eau et la gestion moderne de l’eau

Le législateur, conscient de l’attachement de la population à ces droits ancestraux acquis sur le domaine hydraulique, a prévu dans plusieurs articles de la Loi sur l’Eau la préservation des droits d’eau.

Les articles 6 à 11 ont été consacrés dans la loi 10-95 pour cerner ces droits. Pour en finir définitivement avec les « droits reconnus » sur le domaine public hydraulique, le législateur a fixé une durée de 5 ans à partir de la publication de cette loi les propriétaires ou possesseurs de droits d’eau pour les faire valoir, (les propriétaires ou possesseurs qui, à la date de publication de la présente loi, n'ont pas encore déposé devant l'administration des revendications fondées sur l'existence de ces droits disposent d'un délai de cinq (5) ans pour faire valoir ces derniers. Passé ce délai, nul ne peut se prévaloir d'un droit quelconque sur le domaine public hydraulique, article 6 de la loi 10-95).

Hormis cette reconnaissance, les détenteurs de droits d’eau sont soumis au terme de l’article 8 de cette loi aux dispositions relative à l’utilisation de l’eau édictées par le plan national de l’eau et les plans directeurs d'aménagement intégré des ressources en eau.

Les limites de la gestion moderne de l’eau

L’application des lois modernes relatives à l’eau est marquée par des disfonctionnements qui en limitent l’efficacité. Plusieurs facteurs sont responsables de cette situation, en l’occurrence :

- Le nombre important des unités administratives œuvrant dans le domaine des ressources en eau et la multiplicité des lois et des systèmes en la matière. En outre, la gestion des ressources en eau selon cette nouvelle approche n’a pas enregistré de progrès notables, en dépit des grands efforts consentis dans le domaine de l’étude, de la prospection et de la construction des barrages. En effet, cette gestion est marquée par une interférence des fonctions, tant au niveau du contrôle et de la protection des eaux, que sur le plan de la production de l’eau potable.

- La dualité et la contradiction marquant plusieurs textes concernant notamment les unités chargées de la gestion des eaux et l’absence de coopération entre ces dernières.

- La majorité des textes relatifs à l’eau se confrontent à des difficultés lors de leur mise en œuvre.

- En dépit de leur caractère global et actuel, les textes de loi sont inefficaces en matière de contraventions, à cause de l’absence de mécanismes de réglementation et les moyens efficaces pour la mise en application des lois.

- Le manque de coordination entre les unités administratives qui entraîne dans certains cas une rupture.

- L’absence d’organes administratifs capables de contrôler les lois et de pénaliser les personnes qui les transgressent. La fonction de « police de l’eau » imputée à plusieurs intervenants constitue un handicap majeur. Les ressources en eau se trouvent ainsi exposées à la surexploitation, à la pollution, à la prospection aléatoire et à la détérioration des équipements hydrauliques.

- Le manque de prise de conscience chez la majorité de la population de l’importance de l’eau.

- La non-application de la loi dans plusieurs secteurs de l’eau et les problèmes qui en résultent entravent le développement et la rationalisation de l’usage de l’eau. De plus, la multiplicité des parties responsables de ce secteur entrave la protection de cette ressource, particulièrement en l’absence d’un arsenal juridique.

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

Les habitants du Maroc, en particulier dans les zones historiquement connues par le développement de l’agriculture irriguée, à savoir les montagnes et les oasis ont pu développer des systèmes très complexes pour la gestion sociale de l’eau et du contrôle du partage entre tous les utilisateurs de la ressource.

Si dans les régions de montagnes, le principe universel de la priorité de l’amont sur l’aval est le plus représentatif, les habitants du sud de l’Atlas et dans d’autres régions ont développé des règles de gestion bien élaborées pour réglementer et contrôler la ressource en eau : l’Azerf.

Malgré que cette gestion ancestrale ait été dans plusieurs régions annulée ou limitée à cause de la mise en œuvre de la gestion dite moderne basée sur un arsenal juridique inspiré de droit administratif français, elle continue à subsister dans d’autres régions. Les khettaras du Sud Est du Royaume sont jusqu’à présent gérées par le Azerf oral.

Cependant, pour une gestion intégré de la ressource en eau au niveau de tout le territoire national et pour la mise en œuvre de grands ouvrages de mobilisation et de transport de cette ressource, le Loi 10-95 est pas seulement désignée mais indispensable pour la planification et la gestion des ressources en eau au niveau du pays.

Les systèmes ancestraux de gestion de l’eau d’irrigation, considérés par plusieurs technicistes comme dépassés par les nouveaux outils de gestion de l’espace hydraulique, ont montré leur efficacité et leur adaptabilité en intégrant des valeurs de différents systèmes juridiques comme la loi islamique ou la loi sur l’eau.

Le Azerf comme juridiction, est appelé à jouer encore des rôles très intéressants dans ces régions. Sa protection et sa préservation en tant que patrimoine devrait être une priorité pour tous les intervenants dans le secteur de l’eau ainsi que les responsables du patrimoine culturel et social de notre pays.

La sauvegarde de ce patrimoine est tributaire de la protection des ressources en eau à l’origine des khettaras en particulier les ressources en eau souterraines, par l’interdiction de la réalisation des pompages dans les zones de khettaras et par la préservation des rivières et des sources qui alimentent les nappes de toute forme de pollution.

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[1] Azerf en langue amazigh signifie le droit coutumier